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Défendre l'environnement

Les leçons de Deepika (2)

17 Octobre 2013 , Rédigé par ADENY Publié dans #semences

Production de graines génétiquement pures : Il faut envisager trois cas.

1) Plantes androgynes,  autofertiles. Les parties mâle et femelle sont sur la même fleur. (Tomates, poivrons, tournesols, haricots, salades...)

2) Plantes qui portent des fleurs unisexuées, fleurs mâles et fleurs femelles séparées (Cucurbitacées : concombres, courges, pâtissons, potirons...)

3) Plantes mâle et plantes femelle séparées (kiwi, papaye, avocat...)

 

1) Dans le cas des plantes androgynes autofertiles, il faut éviter les risques de pollinisation croisée par les abeilles et autres pollinisateurs. La solution la plus simple semble être de grouper plusieurs plantes de même variété sous une tente ou tunnel couvert d’une moustiquaire. Il faut toutefois signaler que les plantes qui vivent sous moustiquaire sont moins vigoureuses que celles qui vivent à l’air libre, les insectes défenseurs, tel que les coccinelles, ne pouvant pas accéder aux plantes.

Le tournesol est un cas particulier. Les inflorescences sont en fait composées de fleurs mâles située en périphérie et de fleurs femelles au centre. Comme les fleurs mâles s’ouvrent en premier alors que les fleurs femelles sont encore fermées, l’autopollinisation n’est pas possible. La distance d’isolement pour être quasi sûr de conserver la pureté variétale est de l’ordre de 700m à plusieurs Km. La pollinisation manuelle est possible entre deux fleurs proches. Il faut enfermer les inflorescences dans de solides sacs en papier, avant que les fleurs du centre ne soient ouvertes.  Libérer les deux fleurs de leur sac, les frotter délicatement l’une contre l’autre puis les remettre dans leur sac. Il faut recommencer pendant cinq à dix jours de suite pour que la pollinisation soit complète. Aucun insecte pollinisateur ne doit butiner les fleurs pendant l’opération.

Pour les salades, la pollinisation croisée est quasi impossible si la distance entre variétés différentes excède quelques mètres.

 

2) Plantes à fleurs unisexuées. Il faut bien distinguer les fleurs mâles portant le pistil recouvert de pollen et les fleurs femelles renflées à la base, prêtes à devenir fruit. 

Fleur femelle avec son renflement et mâle ( clichés Auwebzine)Fleur femelle avec son renflement et mâle ( clichés Auwebzine)

Fleur femelle avec son renflement et mâle ( clichés Auwebzine)

La pollinisation naturelle, incontrôlable, est accomplie par les insectes. Il faut donc procéder à une pollinisation manuelle. Peu de temps avant que les fleurs soient matures, il faut les refermer avec un fil de laine ou de coton ou un ruban adhésif. On sélectionne trois fleurs mâles pour une fleur femelle. Fleurs mâles et femelles sont choisies sur des pieds différents affin d’éviter la dégénérescence génétique. Quand les fleurs mâles sont matures, on les coupe, on arrache les pétales pour bien dégager le pistil, on ouvre la fleur femelle, on badigeonne  de pollen les stigmates de la fleur femelle et on la referme ensuite. Il faut marquer le pédoncule de la leur pollinisée avec un fil de couleur puisque lorsque les pétales de la fleur vont tomber il n’y aura plus d’autre repérage. 

Fleur mâle , préparation , fécondation de la fleur femelle ( clichés Kokopelli)Fleur mâle , préparation , fécondation de la fleur femelle ( clichés Kokopelli)Fleur mâle , préparation , fécondation de la fleur femelle ( clichés Kokopelli)

Fleur mâle , préparation , fécondation de la fleur femelle ( clichés Kokopelli)

3) Pour les plantes mâle et femelle séparées, il faut les confiner ensemble sous une moustiquaire. Dans le cas de plantes à fort développement, c’est un peu compliqué.

 

Récolte des graines.

Pour les graines sèches (carotte, panais, haricots, blé...) attendre que les graines soient prêtes a se détacher pour procéder à la récolte. Pour les fleurs en ombelle, il faut  couper l’ombelle centrale quand les graines commencent à brunir. Les graines se détachent d’elle même. Pour les haricots, attendre qu’ils soient bien secs pour les rentrer.

Pour les graines humides (potirons, courges, poivrons...), extraire les graines, les trier à la main. On peut les laver avant de les mettre à sécher.

Pour les graines enveloppées de pulpe (Tomates, concombres...) le plus simple est de recueillir la pulpe et les graines dans une boite plastique ou un bocal en verre. Recouvrir d’eau et laisser fermenter deux à trois jours. Les graines se détachent et ont tendance à tomber au fond. On lave ensuite  les graines à l’eau dans une grande passoire à mailles fines avant de les mettre à sécher. Pour la courgette, que l’on consomme d’habitude avant maturité, il faut laisser grossir  le fruit jusqu'à sa taille finale avant de recueillir les graines.

 

Le séchage : Il doit être doux et progressif. Eviter de mettre les graines humides sur un papier absorbant, elles vont coller sur le support et il sera difficile de les séparer. Placer les graines de préférence sur du papier kraft, sur un tissu ou dans un récipient en matériau naturel, (bois, bambou, terre cuite non vernissée...) dans un endroit sec et ventilé. Eviter le soleil direct  qui peut détériorer les graines. Avant de passer au stockage, il faut enlever les éléments indésirables, restes de gousses, poussières, balles du blé...traditionnellement le nettoyage des graines de céréales se réalisait manuellement au van ou mécaniquement au tarare.

 

Stockage : Ranger de préférence les graines dans des sachets en papier sur lesquels on indique, la famille botanique, la variété, l’année de récolte...Stocker dans un endroit frais et ventilé, à l’abri des insectes et des rongeurs. Si on a un doute sur l’état sanitaire des graines (bruche du pois, vers...) on peut passer les graines 48 heures au congélateur pour éliminer les parasites. Les graines devront être utilisées dès l’année suivante. La qualité germinative peut, suivant les espèces, être de plusieurs années mais elle se détériore avec le temps.

 

Avertissement : 80% des graines et plants achetés dans les jardineries, y compris ceux utilisés en maraichage biologique, sont des hybrides F1, non reproductibles. Il est donc inutile d’en conserver les graines, on n’obtiendra, au mieux, que des plantes dégénérées. La mention F1 est en général signalée sur les sachets de graines. (A éviter absolument)

 

Sources : Stage de Deepika, l’ouvrage « Semences de Kokopelli », site http://alimentation.silsilla.org

 

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