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Défendre l'environnement

perturbateurs endocriniens

28 Janvier 2025 , Rédigé par ADENY Publié dans #perturbateurs endocriniens

Perturbateurs endocriniens

Comprendre pour se protéger

Introduction

"... Quand rien ne va plus dans le monde hormonal

Quand les garçons ont des testicules qui ne descendent plus, (cryptorchidie)

Quand les hommes perdent la moitié de leurs spermatozoïdes en une génération,

Quand leur taux de testostérone baisse significativement,

Quand les calvities précoces deviennent légion,

Quand les petites filles ont des pubertés précoces,

Quand les jeunes filles ont des règles plus douloureuses,

Quand les jeunes femmes découvrent l’endométriose et les ovaires polykystiques,

Quand les cancers du sein et de la prostate explosent,

Quand les couples ont du mal à procréer,

Quand les obèses se multiplient,

Quand le nombre de diabétiques triple en vingt ans,

Quand les enfants ont des cerveaux déficients et un QI en berne,

Quand le taux de déficients thyroïdiens a presque décuplé en quatre générations…  c’est qu’il y a un problème. 

Et ce problème porte un nom : les perturbateurs hormonaux " (1),

 appelés plus couramment  perturbateurs endocriniens. PE

 

Pathologies possiblement liées aux PE

Chez l’homme : cryptorchidies, hypospadias, qualité du sperme, infertilité

Cancers des testicules, cancers de la prostate

Chez la femme : puberté précoce, endométriose, infertilité, ovaires polykystiques, cancers des ovaires, cancers du sein

Accouchements prématurés, retard de développement des bébés

Autres effets : Asthme, allergies

Pathologies coronariennes, hypertension

Désordres immunitaires

Cancer de la thyroïde

Autisme, déficit d’attention, hyperactivité

Alzheimer, Parkinson...

1 : Tiré de l’ouvrage de Corinne Lalo « le grand désordre hormonal » au Cherche Midi

À quoi sert le système endocrinien ?

 Le système endocrinien est constitué de glandes et d’organes qui sécrètent des hormones.

Libérées dans le sang, les hormones agissent comme système de communication chimique entre les différentes parties du corps. Seules les cellules cibles qui possèdent des récepteurs spécifiques reçoivent les messages hormonaux.

Les hormones permettent de réguler certaines fonctions de l’organisme : la croissance, le métabolisme, le développement cérébral et sexuel, la reproduction, le sommeil, le rythme cardiaque, la tension artérielle, l’appétit, la température...

Elles participent ainsi au bon fonctionnement et à l’équilibre permanent du corps humain ou homéostasie.

Glandes endocrines.

perturbateurs endocriniens

Glande pinéale. Produit la mélatonine qui contrôle les cycles sommeil-éveil.

Hypothalamus. C’est le chef d’orchestre du système endocrinien. Intervient dans la régulation des cycles veille-sommeil, la température corporelle et l’appétit. Ses hormones contrôlent l’hypophyse. Produit aussi l’ocytocine importante pour l’allaitement, l’accouchement et les comportements d’empathie. Elle est surnommée "hormone du bonheur".

Hypophyse. Les hormones qu’elle produit affectent tout le fonctionnement du corps puisqu’elles régulent la majorité des glandes endocrines périphériques, ainsi que la croissance et l’allaitement.

Thyroïde. Joue un rôle très important pour le métabolisme cellulaire  par sa production d’hormones T3 et T4, les thyroxines. Contenant de l’iode, elles  agissent entre autre, sur la température du corps, le rythme cardiaque et le système digestif. La thyroïde produit aussi la calcitonine qui régule le taux de calcium dans le sang.

Parathyroïde.  Contrôle des niveaux de calcium dans les os et le sang.

Thymus. (actif surtout chez l’enfant) Intervient dans le développement des globules blancs appelés lymphocytes T, acteurs importants du système de défense de l’organisme.

Surrénales. Ces glandes produisent les hormones adrénaline et cortisol, qui agissent sur la tension artérielle, la fréquence cardiaque et la réponse au stress.

Pancréas. Sa fonction endocrine consiste à contrôler la quantité de sucre dans le sang ou glycémie. Le glucagon augmente la glycémie, l’insuline la diminue.

Ovaires. Œstrogène et progestérone régulent les cycles menstruels, et interviennent au cours de la grossesse.

Testicules. Produisent la testostérone, l’hormone des caractères sexuels masculins.

Tissus adipeux. Il sécrète des hormones dites adipokines dont la leptine qualifiée "d’hormone de la satiété" qui agit sur la régulation de l’appétit et la balance énergétique. Les adipocytes sécrètent aussi des prostaglandines intervenant dans les phénomènes inflammatoires.

Les perturbateurs endocriniens (PE)

Dès les années 1990, certaines substances de synthèse sont reconnues comme perturbants le fonctionnement du système hormonal. Plusieurs ont fait l’objet d’études approfondies.

Le plus médiatisé a été le bisphénol A (BPA) utilisé dans le revêtement interne des canettes métalliques. Il est maintenant interdit dans tout contact alimentaire : canettes, biberons, jouets en plastique...

Il est suspecté de perturber le développement du fœtus, de favoriser les malformations de la verge (hypospadias), d’altérer le fonctionnement des testicules et d’induire des cancers du sein.

  Les médecins utilisent de façon contrôlée des molécules pharmaceutiques qui modifient le fonctionnement hormonal : pilule contraceptive, certains traitements anticancéreux comme le tamoxifène...

L’impact sanitaire des PE est pris en compte dans différents plans d’action nationaux : Stratégie Nationale de Santé (SNS), Plan National Santé Environnement (PNSE), Plan Santé au travail (PST)...

Contaminations aux PE

Les PE peuvent entrer dans l’organisme par différentes voies :

Voie digestive : eau, aliments, emballages et contenants alimentaires, certains produits pharmaceutiques...

Voie respiratoire : particules fines, émissions odorantes de certaines peintures, colles et vernis, cosmétiques, pesticides...

Voie cutanée : Certains produits cosmétiques, pharmaceutiques, colorants textiles, produits de traitement du cuir (notamment dans les produits d’origine chinoise qui ne sont pas soumis aux mêmes règlements qu’en Europe) ...

Voie injectable : Dispositifs médicaux en plastiques, poches de transfusion...

Voie intra utérine et allaitement : Les perturbateurs endocriniens absorbés par la femme enceinte sont transmis au fœtus par voie intra-utérine puis au bébé par le lait maternel

Modes d’action des PE

Les PE interférent avec le système hormonal de différentes manières :

 En se fixant sur les récepteurs hormonaux et en les activant (mimétisme)

En bloquant les récepteurs hormonaux, ce qui empêche l’action des hormones naturelles.

En altérant le métabolisme des hormones, leur genèse, leur régulation, leur transport, leur stockage.

 Nombre de PE agissent en modulant l’expression génétique normale des cellules sans modifier le génome : effet épigénétique.

La mise en évidence des actions des PE est assez complexe :

 Les PE sont actifs même à très faibles doses. On parle de nanogrammes (millième de millionième de gramme) ou de picogrammes (millionième de millionième de gramme).  Dans la plupart des cas, les effets ne sont pas immédiats mais apparaissent plusieurs années ou plusieurs décennies après la contamination.  Plusieurs substances PE peuvent cumuler leurs effets :  cet effet cocktail reste difficile à mettre en évidence.

Les fenêtres de vulnérabilité

Les PE peuvent altérer la qualité des gamètes : quantité et qualité des ovules, nombre et mobilité des spermatozoïdes, rendant la fécondation difficile voire impossible.

Les effets des PE sont plus importants dans les périodes de formation ou de transformation de l’organisme : période de gestation (formation du fœtus), période périnatale, petite enfance, (développement cérébral et moteur), adolescence et puberté.

En pratique tout devrait être mis en œuvre pour limiter l’exposition et l’imprégnation aux perturbateurs endocriniens :

Des femmes enceintes et des jeunes enfants de moins de 3 ans.

 Des adolescents à la puberté

Les 1000 premiers jours

Grossesse = 270 jours + première année = 365 jours

+ deuxième   année = 365 jours, donne un total de 1000 jours

Les 1000 premiers jours de la vie, qui vont de la grossesse à la fin de la deuxième année de l’enfant, représentent une période très importante pour son développement, son bien-être et sa santé future. Cette période, pendant laquelle le corps et le cerveau se transforment à grande vitesse, est donc cruciale.

La maman, surtout si elle souhaite allaiter, doit ajuster ses habitudes alimentaires, bannir les aliments industriels ultra-transformés et consommer en priorité des aliments "faits maison" avec des ingrédients de qualité. 

Dans la chambre de bébé, choisir avec soin les meubles, la literie, la déco, la peinture, les jouets... sans perturbateurs endocriniens.

 Évidemment, la consommation de tabac et d’alcool est à proscrire.

perturbateurs endocriniens

Dans la ville de Strasbourg les femmes enceintes qui le souhaitent peuvent bénéficier de "l’ordonnance verte". Elles assistent alors à deux séances d’information sur les perturbateurs endocriniens et reçoivent gratuitement, toutes les semaines, un panier de fruits et légumes biologiques jusqu’à l’accouchement. 

Comment limiter les contaminations aux PE

L’alimentation

C’est la source principale de la contamination aux PE. L’agriculture conventionnelle utilise de nombreux produits chimiques de synthèse : engrais, désherbants, insecticides, fongicides... provenant de différentes familles chimiques : organochlorés (qui contiennent du chlore), organophosphorés (à base de phosphore), pyréthrinoïdes, néonicotinoïdes... De plus, ces produits contiennent généralement divers adjuvants, eux aussi potentiellement nocifs : solvants, surfactants, composés fluorés, métaux (cuivre, cadmium...) ...

Les résidus des produits de traitements que l’on retrouve dans l’eau, les aliments, fruits, légumes, céréales, même en très faibles doses, peuvent agir en perturbateurs endocriniens.

Les aliments issus de l’agriculture biologique, qui n’utilise pas de produits de traitement de synthèse, n’ont pas cet inconvénient.

Les aliments élaborés par les industriels de l’agro-alimentaire sont majoritairement conçus comme des... produits industriels ! Ils sont réalisés par assemblage de nombreux ingrédients issus du fractionnement de matières végétales ou animales : huiles hydrogénées, amidons modifiés, gluten, protéines de lait, isolat de fibres, auxquels sont ajoutés émulsifiants, texturants, colorants, aromes artificiels (les fameux additifs Exxx dont certains sont préoccupants pour la santé).

Bannissons ces aliments dits ultra transformés, favorisons le " fait maison" et les préparations les moins trafiquées possible. Plus la liste des ingrédients est longue et peu compréhensible, plus il faut se méfier.

Ustensiles de cuisine, contenants alimentaires...

Les biberons : choisissons les en en verre.  Bannissons les jouets en plastique, ils contiennent du bisphénol.

Les poêles antiadhésives recouvertes de Teflon (marque déposée) (2) sont une source importante de PE alimentaires. La chaleur décompose partiellement le Teflon qui migre dans les aliments. À proscrire.

Utilisons des ustensiles de cuisine en acier inox, fonte ou céramique.

2 : Nom chimique du Téflon : PTFE : poly-tétra-fluor-éthylène

NB. Les composés fluorés sont aussi présents dans certains emballages alimentaires, (barquettes en carton enduits d’un produit imperméabilisant à base de fluor).  Ces imperméabilisants fluorés seront interdits à partir de 2026.

Ne réchauffons pas nos aliments, au micro-onde ou dans l’eau chaude, dans des récipients en plastique. La migration des phtalates utilisés comme assouplissant des contenants plastiques sont libérés par la chaleur et migrent dans les aliments.

Pour celles et ceux et qui emmènent leur repas sur leur lieu de travail, choisir des contenants, gourdes et lunch box, en verre, métal, acier inox.

Produits d’hygiène, gels douche, crèmes, parfums, aérosols

Tous les produits d’hygiène, gels douche, crèmes, parfums, couches, lingettes jetables... peuvent contenir des parabènes, des composés tels que phénoxyéthanol ou esters de glycol, utilisés comme conservateurs, des phtalates pour fixer les parfums, des alkylphénols (gels douche et mousses à raser).

Le triclosan, utilisé pour ses propriétés biocides, antibactérien et antifongique, est un PE avéré. Interdit dans certains produits d’hygiène il reste présent dans certains dentifrices, fonds de teint, rouges à lèvres et shampoings.

Utilisons des produits élaborés uniquement avec des éléments d’origine naturelle (huiles végétales, beurre de karité, aloé vera, argile...)

 sans colorants, ni stabilisants, ni conservateurs :

 Savon d’Alep ou de Marseille, shampoings solides sous label BIO...

Évitons les sources de pollution dans nos habitations : diffuseurs anti-moustiques, encens, bougies parfumées, aérosols "désodorisants", sprays insecticides pour plantes vertes ou animaux domestiques ...

Vêtements et chaussures

Les vêtements peuvent être imprégnés par des apprêts, colorants, fixateurs de teintures, produits de traitement antitache, antifongiques...

Lavons les vêtements neufs avant de les porter pour éliminer les substances les plus préoccupantes. Bonne option : Les vêtements de seconde main,

ils  ont perdu à l’usage tout composé chimique toxique.

Le diméthylfumarate, PE interdit en Europe depuis 2009 est encore présent dans certains tissus, vêtements et chaussures importés de Chine. Ces produits provoquent allergies, brûlures et eczéma.

Ameublement

Tous les panneaux de bois utilisés en ameublement (contre-plaqué, aggloméré, panneaux de fibre, OSB...) sont constitués d’éléments de bois assemblés par une colle. Ces colles peuvent dégager du formaldéhyde, d’odeur légèrement piquante. Le formaldéhyde peut donner des migraines, nausées ou vertiges. Le taux de formaldéhyde dans les colles est réglementé en Europe depuis 2010.

Tous les panneaux de bois existent en qualité E1 (à très faible émission).

Si un meuble "sent le neuf" isolons-le dans un endroit aéré.

Donnons la préférence aux meubles en bois massif.

Les meubles de seconde main n’émettent plus de composés volatils.

Les retardateurs de flamme bromés (RFB), sont utilisés dans les tissus d’ameublement, canapés, coussins, mousses d’isolation, dans les téléviseurs et ordinateurs, pour les rendre moins inflammables. Classés comme polluants organiques persistants et PE ils perturbent le fonctionnement de la thyroïde. On en retrouve un peu partout dans l’environnement, l’air, les poussières.

Ventilons nos logements et bureaux régulièrement. Ouvrir la fenêtre

en grand pendant 3 minutes suffit pour renouveler l’air complètement.

Produits d’entretien, lessives, assouplissants

Les produits d’entretien contiennent de nombreux ingrédients : détergents, tensioactifs, désinfectants, fongicides, parfums de synthèse... parfois préoccupants pour la santé et l’environnement.

Parmi ceux-là : formaldéhyde, acétaldéhyde, acétonitrile, acétone, isopropanol, limonène... Si cette liste vous soûle, faite confiance aux labels de qualité : Ecocert, Nature et Progrès, ou l’écolabel européen identifiable à sa petite fleur verte, qui garantit un faible impact sur la santé et l’environnement, ou bien le tout nouveau label air intérieur contrôlé.

perturbateurs endocriniens

Évitons les produits parfumés qui dégagent des composés volatils

Préférons les  produits à base d’acide citrique, acide lactique, vinaigre blanc, bicarbonate et percarbonate de sodium, savon noir...

Parquets, revêtements de sol

Les colles utilisées dans les revêtements de sol stratifiés peuvent émettre des composés organiques volatils, COV : benzène, formaldéhyde ou toluène. Depuis 2010, un règlement européen définit une classification. Sur les étiquettes le niveau d’émission est quantifié : A+ très peu émissif à C fortement émissif

Les revêtements de sol en fibres naturelles (sisal, jonc de mer coco...) et le linoléum fabriqué à partir de fibre de jute et de poudre de bois, émettent très peu de COV.

Peintures, vernis

La règlementation européenne de 2010 a obligé les fabricants de peintures et vernis à réduire la quantité de composés volatils émis par leurs produits pendant l’utilisation et le séchage. Si les peintures avec solvant comme les glycérophtaliques émettent plus de COV, les peintures acryliques qui contiennent des éthers de glycol, en émettent aussi.  Les COV passent dans le sang, sont toxiques pour le foie et peuvent provoquer des nausées. Les femmes enceintes doivent éviter de respirer les odeurs de peinture, les COV peuvent nuire au fœtus.

perturbateurs endocriniens

Composés chimiques les plus préoccupants

Bisphénol A (BPA)

Les phtalates

Les parabènes

Le phénoxyéthanol

Les alkyl phénols

Les retardateurs de flamme bromés

Les polychlorobiphényles (PCB)

Les métaux (mercure, plomb, cadmium...)

Les composés perfluorés, le Teflon

Le triclosan ...

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