Les tests de laboratoire sont-ils fiables?
Selon une nouvelle étude de l’équipe Séralini, tous les tests toxicologiques effectués sur des rats de laboratoire seraient entachés d’erreur. La nourriture des rats serait en cause.
Depuis bientôt 70 ans les rats de laboratoire sont utilisés pour tester les nouveaux produits chimiques et en détecter la nocivité éventuelle. Les résultats obtenus sont ensuite extrapolés à l’homme. Les essais comparatifs sont effectués sur deux lots de rongeurs de même lignée génétique, élevés dans des conditions analogues, l’un nourri avec une alimentation "saine" et l’autre avec les mêmes aliments, additionnés de la molécule chimique à tester. Les rats utilisés, le plus souvent de la lignée Sprague-Dawley, se montrent particulièrement sensibles aux perturbateurs endocriniens et développent des tumeurs faciles à identifier. Gilles Eric Séralini qui, au terme d’une étude de deux ans sur les OGM et le Roundup, avait vu le résultat de ses travaux fortement contestés, réplique en contestant à son tour la méthode "officielle" de test sur les rats.
Pour la première fois, des aliments de référence pour rats de laboratoire, provenant des 5 continents, ont subis des analyses poussées. Certes, comme le déclare Joël Spiroux, membre de l’équipe, "cette alimentation est réputée être équilibrée sur le plan nutritionnel, (composition en protéines, lipides et glucides) et hygiénique, dépourvue d’agents infectieux (bactéries, virus, champignons) et non polluée". L’équipe Séralini a fait rechercher 262 pesticides, 22 OGM, 4 métaux lourds, 17 dioxines et furanes et 18 PCB (polychlorobiphényls) dans ces croquettes. Les résultats obtenus sont sans appel. " Tous les lots de croquettes contiennent des taux non négligeables de plusieurs de ces produits, à des niveaux susceptibles de causer des pathologies graves et de perturber le système hormonal ou nerveux des animaux ", indique Gilles-Eric Séralini. " Inexorablement, cela masque les éventuels effets secondaires recherchés dans les tests. Par exemple, les résidus de glyphosate et d’adjuvants très toxiques, tel le Roundup et ses génériques, ont été détectés dans 9 des 13 régimes, et 11 d’entre eux contenaient des OGM avec lesquels ce Roundup est amplement utilisé. Procéder ainsi revient tout simplement à vouloir montrer le caractère non dopant d'une substance en réalisant une étude avec Lance Armstrong comme témoin ", poursuit le biologiste moléculaire.
Il apparaît par conséquent que la consommation de ces croquettes de laboratoire, contenant tous ces polluants indésirables, perturbe le bon déroulement des expériences, et que les conclusions que l’on peut tirer de ces tests sont faussées. Comme ce sont les mêmes croquettes qui sont utilisées pour les tests sur les médicaments, les effets réels des molécules testées et mises sur le marché pourraient avoir été en grande partie masqués.
Le lièvre levé par l’équipe Séralini remet en cause 70 ans de pratique, au cours desquels on a testé plus de 250 000 molécules alimentaires, pesticides, OGM et médicaments. C’est ainsi toute la chaîne de décisions touchant les problèmes de santé publique dont le sérieux est mis en doute.
7 janvier 2015
Bien sûr, il y aura encore ce que vous dénonciez, cette bêtise épaisse, cette ignorance crasse qui fait prendre à certains des baudruches imbéciles, gonflées de suffisance, pour des phares de la pensée, le fanatisme qui répond à l’or des mots par le plomb des cartouches, le suivisme des moutons de Panurge. Il y aura encore, n’en doutons pas, l’aveuglement mortifère, la surdité et le mensonge comme outils de gouvernance, les humiliations subies et le désespoir, graines de violence pour demain, l’asservissement de la nature au profit de quelques-uns et la biodiversité qui s’effiloche, l’apathie des états face à la pollution généralisée et au dérèglement climatique, nos biens communs cotés en bourse et les droits essentiels bafoués. Oui, il y aura tout cela, et pour faire bonne mesure, des manteaux de paroles jetés sur les misères du monde.
Des crayons et des pinceaux, aussi, pour décrire le monde tel qu’il est et le peindre comme il pourrait être. Et vos visages, amis, dans nos mémoires.
Bien sûr, il y a aura encore des matins lumineux et des nuits étoilées, le chant des oiseaux, l’odeur merveilleuse de la terre chaude après une averse et le parfum des fleurs. Il y aura encore des ballades en forêt, des flâneries le long des rivières, des cris d’enfants et leurs jeux et leurs rires, de la musique, des chants, des cuisines embaumées, des soirées interminables avec des engueulades mémorables, des rêves et des fous rires partagés. Oui, il y aura tout cela. Et pour faire bonne mesure, l’espoir insensé d’une fraternité féconde.
Des crayons et des pinceaux, aussi, gros de révolte et d’amour, pour décrire le monde tel qu’il est et le peindre comme il pourrait être.
Et à tout jamais dans nos mémoires, vos visages, amis…
Edito de la Lettre de l'ADENY Janvier 2015
Collectifs anti pétrole et gaz de schiste
Collectifs non aux pétrole et gaz de schiste et de houille :
Ni ici, ni ailleurs : ni dans le parc du Luberon, ni ailleurs !
Les collectifs prennent note du courrier de Madame la Ministre de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie, annonçant qu’elle ne signerait pas l’attribution du permis de Calavon, couvrant le parc naturel régional du Luberon.
Toutefois, les collectifs contre les pétrole et gaz de schiste et de houille s’étonnent qu’elle n’ait pas annoncé de semblables dispositions pour les douze autres demandes de permis soumises à consultation publique depuis le 1er septembre dernier.
Les raisons pour lesquelles elle pourrait ne pas signer, ne manquent pourtant pas !
.../...
Pourquoi n’a-t-elle pas annoncé qu’elle refuse de signer le permis de Dicy, alors qu’on peut lire dans la notice d’impact de l’entreprise Realm : “un soin particulier sera apporté au traitement des eaux utilisées pour la fracturation des schistes à gaz afin d’éviter toute pollution des nappes phréatiques. La production de gaz de schiste nécessite de briser les argiles indurées qui le contiennent à l’aide d’eau sous pression et, lorsque cette eau remonte à la surface, il faut alors la débarrasser des ions pollués qu’elle renferme.” ?
• BlueBach, postulant pour les permis de Hebsheim, Cezy Saint-Martin d’Abloy, a été racheté en 2010 par la société norvégienne Moore. Celle-ci explique sur son site internet que: le Bassin Parisien et l’Alsace regorgent de pétrole de schiste mais que pour l’instant la fracturation hydraulique y est interdite.
• SanLeon (qui a racheté Realm) risque de se voir attribuer les permis de Dicy, Rouffy et Montmort. Elle est la première entreprise à exploiter l’huile de schiste au Maroc. Sur son site internet, elle cite le Bassin Parisien comme une ressource importante d’hydrocarbures non conventionnels.
.../...
Tous les dossiers mis en consultation publique, depuis le 1er septembre 2014, ont été déposés auprès des services de l’Etat bien avant le vote de la loi Jacob. Ils faisaient tous référence aux hydrocarbures non conventionnels. Tous les postulants à ces permis ont signé un document par lequel ils s’engagent à ne pas effectuer de fracturation hydraulique … Sachant que les permis sont attribués pour 15 ans (5 ans renouvelables deux fois) qu’adviendra-t-il de ces engagements dans quelques années ?
La seule manière d'être en cohérence avec les objectifs de la transition énergétique et de préserver les territoires de ces projets destructeurs c'est de refuser de signer toutes les demandes de permis à venir, refuser de prolonger les permis actuels, refuser de signer les mutations !
Madame ROYAL, ne signez rien !
Signataires: 44 collectifs régionaux
(1) Relations plantes insectes
Les insectes interagissent avec les plantes:
Insectes nuisibles aux plantes: On peut ranger dans cette catégorie : Altise, balanin,
bruche, charançon, doryphore, chrysomèle, criocère, meligète...
Auxiliaires prédateurs : Le carabe détruit les balanins de la noisette
Coccinelles, perce-oreille (forficule), chrysope, mangent les pucerons....
Auxiliaires polinisateurs : abeilles, osmies, bourdons, papillons...
Les recycleurs transforment la matière organique : Bousiers, longicornes, collemboles...
Les parasitoïdes pondent leurs œufs dans les larves des parasites :
Aphelinus et Aphidius (micro guêpes) pondent leurs œufs dans les pucerons.
Encarsia pond ses œufs dans les nymphes de la mouche blanche (aleurode)
Les trichogrammes (micro guêpes) parasitent pyrale du maïs, piéride du chou...
Les plantes attaquées par des prédateurs se défendent:
En fabricant des composés toxiques ou des odeurs répulsives
En émettant des molécules aromatiques qui attirent les auxiliaires (signaux SOS)
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Les capacités d’autodéfense ont été négligées par les sélectionneurs... |
Hôtels à insectes et plantes hôtes:
On peut favoriser la présence des insectes protecteurs, butineurs et parasitoïdes en
installant un hôtel à insectes et les plantes qui facilitent leur développement.
Orties pour coccinelles, syrphes, perce-oreille et certains papillons
Carottes, fenouil, aneth pour les micro guêpes ...
On peut aussi aménager des lieux d’accueil pour hérissons, chauve-souris, oiseaux insectivores, lézards... et une mare pour les amphibiens.
Stratégies contre les ravageurs:
--> Eviter de cultiver de grandes surfaces de la même espèce qui attirent des prédateurs spécifiques. Pour dérouter les prédateurs, on peut : Fractionner en plusieurs planches, intercaler d’autres cultures, cultiver plusieurs espèces en mélange...
--> Pratiquer la rotation des cultures pour éviter que les larves de l’année précédente ne retrouvent leur plante préférée à la même place.
--> Utiliser les propriétés des plantes pour :
Attirer les papillons : buddleia
Piéger les pucerons : grande capucine
Repousser les altises : thym, sauge, sarriette...
Dérouter les noctuelles (vers gris) : souci
Attirer les butineurs : Plantes mellifères : fenouil, lavande, origan, thym, bourrache...
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Il faut plusieurs années pour retrouver ensuite un équilibre |
(2) Relations plantes sol
La vie du sol se concentre dans les premiers centimètres superficiels. C’est dans cet espace que vivent bactéries, microorganismes, champignons microscopiques qui assurent la transformation de la matière organique, la fixation d’azote atmosphérique et d’eau.
La rhizosphère, espace de sol proche des racines, est particulièrement riche en microorganismes, vivants en interaction avec la plante. Les bactéries bénéficient des acides organiques et des sucres fournis par la plante. Elles décomposent la matière organique et fournissent à la plante de nombreux nutriments.
La mycorhization est l’association entre racines de la plante et mycélium des champignons. Les filaments microscopiques du champignon pénètrent dans les racines et échangent des nutriments avec la plante : phosphore, eau, oligoéléments... Les mycorhizes renforcent ainsi la vitalité des végétaux.
Les légumineuses, (fabacées, papilionacées) présentent la particularité d’héberger dans leurs racines des bactéries fixatrices d’azote, les ribosomes. Les bactéries forment des petites nodosités racinaires caractéristiques. Dans cette famille on trouve : haricots, pois, lentilles, luzerne, trèfle, lupin...
Les vers de terre sont des acteurs indispensables de la fertilité du sol. Ils digèrent la matière organique qu’ils restituent sous forme de "tortillons". Ils aèrent le sol, améliorant ainsi la pénétration des racines et la circulation de l’eau et ramènent en surface des éléments minéraux puisés en profondeur...
En agriculture intensive le sol est exploité comme un support de culture
--> Les engins agricoles lourds tassent le sol et détruisent les vers de terre
--> Les labours profonds ensevelissent la couche vivante du sol
--> Les fongicides détruisent les champignons microscopiques du sol
--> L’apport de matière organique est insuffisant pour conserver l’humus Les variétés végétales utilisées, adaptées aux engrais concentrés, ont un système racinaire peu développé et superficiel, contrairement aux variétés anciennes
L’agriculture de conservation respecte la vie du sol par :
La réduction du travail du sol qui laisse travailler les vers de terre
--> Les semis sont effectués sans retournement préalable du sol directement sous couvert végétal avec des matériels adaptés
La couverture végétale permanente qui :
--> Structure le sol grâce à ses racines, limite l’érosion pluviale et éolienne
--> Régule les mauvaises herbes
--> Produit de la matière organique source d’humus, retient l’eau, fixe le carbone
--> Limite le besoin d’engrais et de produits chimiques
La rotation des cultures intégrant des légumineuses fixatrices d’azote
L’agriculture biologique n’utilise aucun produit chimique toxique pour la vie du sol.
L’agroécologie désigne un système de production agricole qui prend en compte l’ensemble des interactions plantes sol insectes oiseaux animaux.
L’agroforesterie est un mode d’exploitation agricole associant des arbres avec cultures ou pâturages.
NB: selon les résultats d'une étude récente menée par Christian VELOT , le glyphosate détruit les champignons du sol, qui assurent une bonne partie de la fertilité. Contrairement à la publicité qui disait: le glyphosate laisse le sol propre, il faudrait plutôt dire: le glyphosate laisse un sol mort.
(3) Relations entre plantes
Les plantes poussant ensemble se partagent l’énergie solaire, les nutriments du sol et se procurent des services mutuels
Culture de même espèce, variétés mélangées
Blés ou maïs en mélange
Réduction de la sévérité des maladies
Rendements identiques aux variétés pures
Meilleure résistance à la verse
Cultures d’espèces différentes
Céréale, légumineuse
Le trio triticale, avoine, pois, remplace le maïs ensilage. Les pois apportent de l’azote et grimpent sur les tiges des graminées
Forte production de matière sèche
Culture facile sans irrigation et avec peu d’intrants
Colza, légumineuse
On utilise de préférence une légumineuse gélive qui s’élimine spontanément pendant l’hiver (gesse, fenugrec, féverole, lentille, vesce pourpre, trèfle d’Alexandrie).
Les légumineuses apportent de l’azote aux cultures.
Haricot tarbais, maïs
Culture traditionnelle du sud-ouest
Le maïs sert de tuteur au haricot
Le maïs bénéficie de l’azote apporté par les haricots
Le haricot tarbais bénéficie d’une IGP depuis 2000
Milpa, les trois sœurs
--> Culture traditionnelle des indiens d’Amérique centrale, elle associe maïs, haricot et courges.
--> Le maïs sert de tuteur au haricot qui apporte de l’azote au maïs. Les courges couvrent le sol, conservent l’humidité, et étouffent les mauvaises herbes.
Push-pull, la stratégie
--> Inventé par Thomas Risley Odhiambo (Kenya), ce système est efficace contre les « perce-tige » du maïs ou du sorgho et les mauvaises herbes.
--> Semé dans la parcelle avec le maïs, le desmodium couvre le sol, limite les mauvaises herbes et repousse les ravageurs. En périphérie de la parcelle, l’herbe à éléphants produit un liquide collant qui piège les larves des perce-tige. De surcroit, elle sert de fourrage au bétail
Permaculture, la robustesse
--> Concept popularisé par Bill Mollison et David Holmgren, la permaculture est l’art de cultiver la terre durablement dans le respect des milieux naturels et des générations futures.
--> En stimulant la fertilité du sol, par le choix des plantes associées, la permaculture vise une bonne productivité alimentaire avec un minimum d’intervention humaine.
--> La forêt comestible, ou jardin forêt, associe arbres fruitiers, cultures vivrières, plantes aromatiques, fleurs. Elle se développe et fonctionne de manière quasiment autonome.
(4) Transition agricole
L’agriculture productiviste mène à une impasse
--> Consommation excessive d’énergie (Fuel, engrais, 1kg d’azote = 3 litres de pétrole...)
--> Diminution de fertilité des sols (Altération de la vie du sol, perte d’humus...)
--> Pollutions des eaux par les nitrates et produits de traitement...
--> Vulnérabilité au changement climatique...
Aujourd’hui, l’utopie a changé de camp. Etre utopiste consiste désormais à croire que tout peut continuer tel quel. Car nous avons la certitude qu’une politique de statu quo mène à une impasse et à des bouleversements qui dépassent l’entendement. Pablo Servigne
Les bases de l’agriculture de demain :
Restauration de la vie des sols par des méthodes agronomiques adaptées, non agressives pour les champignons, bactéries, acariens et insectes qui entretiennent la fertilité naturelle.
Diffusion des méthodes de culture économes en traitements chimiques, en carburant, respectueuses de l’eau et de la santé.
Légalisation des préparations naturelles purins, décoctions de plantes et autres produits peu agressifs pour l’environnement et les insectes auxiliaires.
Retour aux semences paysannes adaptées aux sols naturels, exemptes de bricolage génétique et non soumises à des brevets. Les semences paysannes devraient devenir le point de départ des variétés du futur
Recherches sur les champignons et bactéries du sol :
Ces éléments encore mal connus peuvent produire :
--> Des plastiques biodégradables
--> Des moyens de décontamination des sols (dioxines, métaux lourds, radioactivité...)
--> Des enzymes utilisables pour la chimie verte
--> Des médicaments contre le cancer
--> Des substituts aux antibiotiques (bactériophages)...
Reconquête des sols stériles par la permaculture : Implantation de plantes pionnières, reconstitution d’une couche fertile, optimisation de l’utilisation de l’eau. Les travaux des pionniers et chercheurs méritent d’être divulgués largement.
Les raisons d'espérer:
Geoff Lawton: Spécialiste de permaculture tropicale a réussi a crééer une oasis perenne en Jordanie sur un terrain proche de la Mer morte.
Pablo Servigne: Auteur du rapport "Nourrir l'Europe en temps de crise" remarquable étude qui explique comment crééer une agriculture soutenable et résiliente à partir d'exemples de terrain. Rapport disponible sous le lien suivant:
http://www.etopia.be/IMG/pdf/PE-Nourrir_A4_web_22112013.pdf
Segenet Kelemu: Chercheuse éthiopienne, sélectionne des plantes de la famille des Brachiaria, résistantes et productives, pour augmenter la production de fourrage sous les climats tropicaux.
Jacques Caplat: Agronome auteur de plusieurs ouvrages sur les possibilités réelles de l'agriculture biologique:
L'agriculture biologique pour nourrir l'humanité (Actes Sud 2012)
Changeons d'agriculture, réussir la transition. (Actes Sud 2014)
Peter Ash: Formateur en permaculture tropicale qui est intervenu Au Paradis Bleu à Befotaka (Madagascar) à la demande de l'association Echange Non Marchand (ENM)
Convergences Notre-Dame-des-Landes CIGEO
Le rassemblement contre le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes les 5 et 6 juillet 2014 avait comme mot d’ordre " la convergence des luttes". C’est ainsi qu’à la ferme de Bellevue, centre de la manifestation, ont été évoqués conjointement : l’usine des 1000 vaches, le barrage de Testet dans le Tarn, les lignes TGV, l’incinérateur de la Rochelle, les projets de mines d’or, les forages pour les gaz de schiste, les lignes THT, les sites d’enfouissement nucléaires, la souveraineté alimentaire, l’aménagement du territoire, le traité transatlantique (TTIP/ TAFTA) et bien d’autres encore. Au delà des divergences de méthode, l’idée générale qui se dégageait des débats est une nécessaire convergence de toutes les forces militantes contre le dérèglement climatique et une mise en lumière de toutes les alternatives au système capitaliste et consumériste : Productions locales, AMAP, recyclage transformation, modes de déplacements alternatifs, économie solidaire, banques étiques, manifestations ALTERNATIBA** partout en France.
Irène Gunepin, militante anti-nucléaire, a rallié en vélo Bure, site du laboratoire CIGEO* et Notre-Dame-des-Landes. De passage à Villeneuve-sur-Yonne le 24 juin, elle nous a projeté le film "100 000 ans sous nos pieds" qui décrit l’état d’avancement des travaux du site d’enfouissement de déchets nucléaires de Bure, à la limite entre la Meuse et la Haute-Marne. Les géologues affirment que l’épaisse couche d’argile qui entoure le site, à 500 mètres de profondeur, est un coffre-fort géologique. On pourra donc y enfouir des déchets nucléaires à vie longue et tout sera contrôlé et surveillé. La méfiance des opposants est fondée sur des incidents qui ont frappé des sites d’enfouissement profonds de déchets dangereux.
Asse (Allemagne) : 125 000 fûts de déchets radioactifs, à 700 mètres de profondeur, dans une ancienne mine de sel et de potasse, garantie totalement sûre et sèche pour au moins 10 000 ans. Actuellement, les voûtes de sel se délitent, l’eau commence à envahir la mine, les fûts baignent dans la saumure et sont maintenant irrécupérables. La situation est devenue incontrôlable.
Wittelsheim (France) : 44 000 tonnes de déchets chimiques toxiques, entreposés à 500 mètres de profondeur dans une ancienne mine de sel, par la société Stocamine. On y trouve arsenic, composés de chrome, de mercure, de l’amiante...En 2002 un incendie se déclare au fond. Les galeries sont en partie effondrées, l’atmosphère au fond est si toxique que toute récupération des fûts est impossible.
Carlsbad, Nouveau-Mexique (USA) : le site WIPP, Waste Isolation Pilote Plan, réalisé à 800 mètres de profondeur était destiné au stockage de plutonium et d’américium provenant des activités nucléaire et du démantèlement de bombes nucléaires (Accords SALT de 1972 et START de 1979). En février 2014, la voûte d’une galerie s’est effondrée, provoquant l’éclatement de plusieurs colis de déchets. Actuellement, la radioactivité au fond est telle que toute intervention humaine est impossible. Des gaz radioactifs remontent par les puits d’aération.
Tous ces sites pilotes, qui avaient été déclarés absolument sûrs, ont été victimes d’accidents "imprévisibles" et irrémédiables. De quoi justifier la ferme opposition au projet CIGEO.
* CIGEO : Centre Industriel de stockage GEOlogique, géré par l’ANDRA, Agence Nationale pour la gestion des Déchets RAdioactifs.
** ALTERNATIBA: Grande manifestation des alternatives qui a eu lieu à Bayonne en 2013. Cette manifestation était organisée par l'association BIZI.
Source principale: revue de Sortir Du Nucléaire
Voir au delà du PIB
Comment modifier le comportement des acteurs économiques et réorienter les flux financiers vers les entreprises les plus sociales et les plus écologiques ? Comment mesurer la performance économique ? Ces questions se posent depuis plusieurs années sans recevoir de réponse totalement satisfaisante.
Le but essentiel de l’économie de marché consiste à produire de la richesse, générer des flux financiers, attirer les capitaux et rémunérer les actionnaires. Si l’activité économique est réduite à la production de richesse, alors, le PIB (produit intérieur brut), qui additionne les richesses produites sur le territoire national par les divers acteurs économiques, constitue l’outil de mesure parfait. Or le PIB additionne sans distinction, la production industrielle, l’argent dépensé à soigner les cancers ou les maladies neuro-dégénératives, la consommation de carburants gâchés dans les embouteillages, les dégâts causés par les catastrophes naturelles... Pourrait-on admettre que pour mesurer la qualité d’un mur il faille seulement tenir compte du nombre de parpaings et de sacs de ciment utilisés pour sa construction ? Il est facile de comprendre que ce mur doit avoir la hauteur et la longueur prévues, être vertical, avoir des joints réguliers et être conforme aux plans de l’architecte. Pour « mesurer » la qualité de ce mur, il faut donc des outils non économiques, mètre, niveau, fil-à-plomb.
Utiliser le PIB comme seul outil d’évaluation, c’est considérer que l’unique but de l’homme est de produire et consommer toujours plus. C’est évidemment absurde. Comment fait-on alors pour mesurer les performances sociales et environnementales d’une politique économique ? Où doit-on faire peser les efforts de l’Etat pour améliorer les conditions de vie des citoyens ? Comment peut-on chiffrer les apports du travail bénévoles des associations, la répartition des richesses entre citoyens, la qualité de vie, le niveau intellectuel des populations, la participation des femmes à la vie économique, le nombre de personnes en chômage longue durée, la qualité des logements, l’épuisement des ressources naturelles, la disparition d’espèces animales et végétales... ?
De nombreux indicateurs complémentaires doivent donc être mis en œuvre selon ce que l’on veut mesurer.
L’Indice de Santé Sociale, ISS, prend en compte des critères de santé, éducation, chômage, pauvreté, accidents et risques divers. C’est grâce à cet indice que l’on a montré aux Etats-Unis que l’augmentation du PIB pouvait s’accompagner d’une forte baisse de la santé sociale et d’une augmentation du chômage et de la pauvreté.
Le BIP 40, Baromètre des Inégalités et de la Pauvreté , reprend des données statistiques concernant les inégalités, la pauvreté, les revenus, le logement, l’éducation, la santé... La référence 40 est juste un clin d’œil au CAC40, indice boursier prenant en compte l’évolution de 40 entreprises cotées en bourse.
L’IDH, Indicateur de Développement Humain se décline sous différentes formes. L’IDH4 intègre : Un indice de durée de vie en bonne santé, un indice de niveau d’éducation incluant le pourcentage de la population sorti du système scolaire sans diplôme et un indice de niveau de vie prenant en compte les revenus imposables. Utilisé comme indicateur territorial dans la région Nord-Pas-de-Calais, il a permis de faire ressortir les inégalités entre les différents territoires de la région et de réorienter les politiques publiques.
Certes aucun des indices complémentaires ne peut rendre compte de l’ensemble des impacts d’une politique mais les crises financières qui frappent les états montrent clairement qu’il faut d’urgence repenser le système économique et donc dénoncer le PIB comme utopie toxique.
C’est dans ce contexte que les actions marginales, individuelles ou collectives, se développent. Personne ne peut affirmer que la " simplicité volontaire " ou " la sobriété heureuse " suffiront à elles seules à transformer la planète. Toutefois, comme le dit Jean-Claude Pierre "Quand les défis s’accumulent, tout doit être mis en œuvre pour bien montrer que des alternatives existent, quelles sont pertinentes, bonnes pour l’économie, respectueuses des équilibres naturels et créatrices de liens sociaux. Ce sont ces alternatives qu’il faut faire connaître et développer. Elles sont déjà bien plus nombreuses et bien plus variées qu’on ne croit généralement".
Tout ce qui se bricole dans la marge et au cœur des sociétés : AMAP, magasins de producteurs, presse alternative, commerces associatifs, actions culturelles de proximité, agroécologie, permaculture, incroyables comestibles, énergie citoyennes, Terre de Liens, mouvements de libération des semences..., tout ceci est indispensable pour retrouver l’esprit de solidarité, reprendre espoir et desserrer les contraintes, en filigrane, dessiner une autre voie.
Sources , Bibliographie
"Pour une nouvelle narration du monde" Ricardo Petrella,
"Le capitalisme à l’agonie" Paul Jorion,
"Made in local" Raphael Souchier.
Institut de Silfiac. www.institutdesilfiac.org/
1200 médecins signent une mise en garde contre les pesticides et les perturbateurs endocriniens
Les PERTURBATEURS ENDOCRINIENS,
c’est quoi, au juste ? (source : Agir pour l’environnement)
Sur les quelques 400 millions de tonnes de produits chimiques de synthèse, auxquels nous sommes exposés chaque année au travers de nos biens de consommation, de notre alimentation, de l’air et de l’eau, se trouve une catégorie de substances capables de perturber le système hormonal : ce sont les perturbateurs endocriniens, les "PE".
- Comment agissent-ils ? Ils peuvent limiter, bloquer ou modifier l’action des hormones naturelles. Or, aux premiers stades de la vie (fœtus, nourrisson), les hormones jouent un rôle essentiel pour le développement physiologique futur de l’individu. Les impacts de l’exposition aux PE peuvent alors être irréversibles.
- Avec quelles conséquences ? Cancers hormono-dépendants, troubles de la reproduction, féminisation des fœtus mâles, obésité, diabète, problèmes cardio-vasculaires, troubles comportementaux, affaiblissement des défenses immunitaires…Pour l’homme, mais les effets sont similaires pour la faune sauvage du fait de la contamination généralisée de l’environnement .
- Où sont-ils ? Un peu partout : Emballages alimentaires, jouets, cosmétiques, aliments, contaminants de l’air intérieur, et aucun étiquetage n’est obligatoire les concernant !
- Qui sont-ils ? Ils sont très variés, mais 5 grandes familles sont maintenant bien répertoriées :
--les bisphénols, le plus connu est le bisphénol A (BPA), interdit dans les biberons depuis 2011, il le sera aussi en 2015 dans les contenants alimentaires (canettes, boîtes de conserves, cuves agro-alimentaires…)
--les phtalates (jouets, emballages, adhésifs, cosmétiques….mais aussi poches de transfusion !!)
--les parabènes conservateurs d’usage courant, dont plusieurs ont des propriétés de PE (cosmétiques, boissons, aliments, couches et lingettes pour bébés)
--les perfluorés (revêtements antiadhésifs, anti-taches, hydrofuge dans les moquette, les textiles d’ameublement, les vêtements imperméables, les casseroles anti-adhésives, certains emballages, certaines assiettes jetables). Ils sont particulièrement persistants et contaminent la chaîne alimentaire de toute la planète.
--certains types de pesticides enfin, que l’on peut retrouver sous forme de résidus dans l’alimentation, l’air, l’eau, ont également des effets "Perturbateurs Endocriniens".
- Que peut-on faire ? Participer aux campagnes en cours* demandant une réduction de notre exposition aux PE par l’utilisation de produits et de techniques qui ne nuisent ni à la santé humaine, ni à l’environnement.
* Campagne n°39 d’Agir pour l’environnement "perturbateurs endocriniens" www.agirpourlenvironnement.org
ou encore http://stop-aux-pe.weebly.com
Le 29 janvier 2014, 1200 médecins ont signé un appel sur les effets des pesticides